Soleil Zeuhl

Soleil Zeuhl, histoire résumée

Le label SOLEIL ZEUHL a été créé fin 1998 sous forme d’association 1901. L’idée était de rassembler en un lieu unique les (nombreuses) musiques influencées par Magma. En réalité l’idée n’était pas neuve puisque dès 1975 Giorgio GOMELSKY avait lancé son propre label, UTOPIA, dans la même optique. Malheureusement, UTOPIA ne vécut que très brièvement après avoir réalisé quelques albums pour Magma (Giorgio était alors le manager du groupe), outre deux 45 tours (dont un de Janik TOP). Les groupes pressentis pour les futures réalisations, qui n’ont jamais vu le jour, s’appelaient alors Potemkine, Etron Fou, Masal, Carmina et Xalph. Peu de temps après, Giorgio G. est retourné s’installer aux Etats-Unis et l’histoire s’est arrêtée là.
Par la suite, les groupes de «  l’école Zeuhl » ont publié leurs opus en ordre dispersé, souvent autoproduits. Durant les années 90, aux débuts de l’ère CD, quelques albums ont été réédités ici et là (généralement les plus en vue tels Weidorje, Zao, Yochko Seffer etc. par Musea) mais beaucoup sont durablement restés dans l’ombre, non réédités.

SOLEIL ZEUHL a donc repris le concept du défunt label UTOPIA afin de tenter de fédérer la scène Zeuhl, à la fois en terme de rééditions mais aussi de productions nouvelles. Le label a été inauguré par la réédition CD de l’album de ARCHAÏA (enregistré en 1977) qui fut disponible en décembre 1998. La chance était alors avec nous puisque cet album figurait la liste de NURSE WITH WOUND, liste devenue légendaire parmi les amateurs de musiques innovantes et décalées. Ainsi, malgré l’absence de distribution, les débuts hasardeux d’un label artisanal et l’absence de communication, l’accueil a été instantanément favorable, ce qui a permis d’ouvrir une suite au label.

En 1999-2000, la réédition de l’album de DÜN fut la suite logique de ARCHAÏA. Enregistré au mythique studio Sunrise en Suisse (Art Bears, Henry Cow, Univers Zéro, Aksak Maboul etc.), cette réédition très attendue fut un nouveau succès. En parallèle, fut créé brièvement – le temps d’un album (vinyl !) du groupe MURDER IN THE CATHEDRAL – le label SOLEIL de GAÏA dédié au psychédélisme. L’étiquette ne survivra pas à cette unique réalisation, pourtant bien accueillie également, car les réseaux de distribution ne sont pas les mêmes et que le label (entièrement bénévole) ne disposant pas de permanents, la gestion de deux circuits de vente différenciés représentait par trop de temps.

L’aventure de SOLEIL ZEUHL continuera durant les années 2000 avec la réédition des œuvres complètes de POTEMKINE (groupe déjà pressenti par G. Gomelsky pour UTOPIA), le second opus de ONE SHOT en 2001 (constitué alors de trois des « jeunes » musiciens de MAGMA suite à la réactivation du groupe au milieu des années 90), la découverte de François THOLLOT dont nous avions reçu une maquette, la réédition également complète de la discographie de ESKATON, la découverte des Japonais de AMYGDALA, des hexagonaux de SETNA/XING-SA et NEOM etc.

En 2003, il aura été créé, le temps d’une unique production (MIX CITY – Acid jazz), l’étiquette SOLEIL GROOVE dont la distribution bénéficia du soutien de la FNAC mais qui peina néanmoins à trouver son public malgré une grande qualité artistique.

À ce jour, le label compte un total de 25 références (dont 14 nouveautés, témoignant ainsi du soutien du label envers la création contemporaine – malgré une plus grande difficulté de diffusion par rapport aux rééditions qui bénéficient de la patine du temps).

La crise du marché du disque depuis quelques années ne nous a toutefois pas épargnés et il a fallu progressivement repenser le modèle, s’adapter (baisser les coûts de fabrication, développer la vente directe, abandonner toute velléité de distribution en magasin, augmenter la visibilité – ce dernier point étant de facto le plus difficile).

SOLEIL ZEUHL aborde la seconde décennie du millénaire, et sa 13e année d’existence (!), avec un prévisionnel d’activité soutenu, entièrement centré sur la Zeuhl : des rééditions (notamment le premier album de STRAVE et l’unique album de NOA – tous deux enregistrés en 1980) et aussi des nouveautés (THOLLOPHONIE, la nouvelle formation de F. Thollot) ; témoignant de la vigueur de cette musique malgré un public réduit.

Merci à tous de nous avoir soutenus durant ces années, souhaitons que malgré les difficultés (crise du disque, musiques marginales non médiatisées, difficultés des musiciens à jouer sur scène etc.) SOLEIL ZEUHL puisse continuer à exister – grâce à l’engagement de tous : nous (bénévoles), les musiciens (quasi bénévoles aussi, hélas) et vous (fidèles, à l’écoute).

Alain Lebon – août 2010

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