VAK

VAK- BUDO – 2018

(Soleil Zeuhl 55 // CD)

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Le 2e album de VAK, mais en réalité le 1er puisque « Aedividea » était la compilation de deux enregistrements distincts, conçus au fil du temps et non destinés au départ à être publiés sous forme de CD.

VAK est désormais un groupe bien rôdé dont le personnel a évolué, avec aujourd’hui Aurélie Saintecroix (vocaux), Vladimir Mejstelman (batterie et compositions), Joël Crouzet (basse et guitare) et Alexandre Michaan (claviers et compositions). Également présents sur le CD des invités au sax, à la flûte et à la guitare.  3 longs morceaux composent l’album (dont 2 de plus de 20 minutes). La musique est fermement ancrée dans la Zeuhl, avec quelques réminiscences d’Eskaton, du fait des vocalises scattées d’Aurélie. Formidable section rythmique et remarquable travail d’Alex aux claviers.

Le mastering a été réalisé à Tel Aviv par Udi Koomran. C’est très certainement un des meilleurs albums du courant Zeuhl depuis longtemps !

« Si les trajectoires individuelles témoignent d’une difficulté persistante à s’inscrire dans la durée faute du soutien d’un public conséquent, le courant hexagonal des groupes revendiquant – à des degrés divers – l’influence de Magma demeure étonnamment vivace. Alors que l’on se désole que Néom ait rendu les armes avant de donner une suite à l’excellent Arkana Temporis, et que l’on s’impatiente de voir Setna sortir enfin son troisième opus studio pourtant mis en boîte en 2016, nous pouvons nous réjouir de découvrir, à nouveau sur le décidément incontournable label Soleil Zeuhl d’Alain Lebon, une formation de cette mouvance s’inscrivant à un niveau comparable d’excellence.

Enfin, découvrir… Vak n’est pas, discographiquement parlant, un nouveau-venu. En 2015 était sorti, sur le même label, Aedividea, regroupement en deux EP (jamais publiés en tant que tels) enregistrés en 2011 et 2013. Il n’avait pas échappé aux connaisseurs que le sextette manifestait déjà, sur ces six longues pièces (10 à 14 minutes pour quatre d’entre elles), une belle maturité, tant dans le foisonnement d’idées que dans la puissance de l’interprétation, en particulier rythmique et vocale.

Depuis, le sextette est devenu quatuor, avec les départs de son guitariste et de sa flûtiste, toutefois crédités pour leur contribution créative à la genèse de ce second album (que le groupe présente comme son premier). Crédités comme principaux compositeurs sur Aedividea (l’attribution de l’écriture est cette fois collective), le claviériste Alex Michaan et le batteur Vladimir Mejstelman sont heureusement restés en place, tout comme la vocaliste Aurélie Saintecroix et le bassiste Joël Crouzet, également chargé de quelques parties de guitare.

Ce qui est perdu en variété instrumentale n’est que relatif (des invités tiennent les mêmes postes sur le morceau final, et un saxophoniste intervient sur le premier), et il est surtout compensé très largement par une clarification du propos, le Rhodes souvent renforcé de synthé de Michaan suffisant largement à compléter une section rythmique foisonnante, et l’absence d’une guitare trop souvent redondante a le mérite d’aérer le spectre sonore. Le chant – sans paroles – n’en est que mieux mis en valeur, son statut de principal soliste ne l’empêchant pas de s’éclipser pour laisser le champ libre aux seuls instruments.

Ces avancées formelles auraient pu justifier à elles seules de considérer Budo comme nettement supérieur à son devancier, mais elles s’accompagnent d’un tout aussi notable gain d’ambition dans le travail de composition. Seules 3 plages figurent au sommaire, dont deux aux proportions plus qu’imposantes : « Budo » (en 3 parties) dépasse les 27 minutes, « Hquark » (en 4 parties) les 23, seul « Au Fond des Creuses » conservant, avec ses 8 minutes, un format similaire à celui en vigueur sur le précédent opus.

Les possibilités offertes par ces formats souvent « épiques » sont exploitées à plein, que ce soit pour ménager des transitions fluides, crescendos ou decrescendos monumentaux (on pense parfois au premier Masal), et se laisser aller parfois à de longues phases d’accalmie durant lesquelles l’intensité des passes d’armes attendues par les amateurs de Zeuhl cède la place à une dimension plus spirituelle (la dernière partie de la suite-titre ou l’entrée en matière de « Au fond des creuses », où l’on pense plus d’une fois à Setna).

Espérons maintenant qu’un regain d’activité scénique soit à l’ordre du jour, car il y a fort à parier que la musique de Vak, déjà impressionnante sur disque, donne sa pleine (dé)mesure en concert. »

Aymeric Leroy – Big Bang Magazine n°106

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