Le label SOLEIL ZEUHL édite depuis 1998 des musiques progressives, Jazz Rock, R.I.O., Zeuhl. Une identité musicale unique en France.

Histoire résumée de 20 années d’activisme

Le label SOLEIL ZEUHL a été créé, sous forme d’association 1901, durant l’automne 1998 par Alain Lebon. L’idée, dans le contexte de l’époque, était de rééditer tout un pan de la musique hexagonale, le courant dit « Zeuhl » – soit les groupes influencés par l’esthétique de MAGMA, figure emblématique de la contre-culture des années 70 francaises – courant qui était alors largement oublié par les labels de l’époque, y compris ceux dédiés aux rééditions.

Parti de rien, sans aucune expérience dans le milieu musical, avec juste un peu d’argent personnel et une volonté opiniâtre, l’organisation initiale du label était fortement Do It Yourself.

Le label a été inauguré par la réédition CD de l’album de ARCHAÏA (enregistré en 1977) qui fut disponible en décembre 1998. La chance était alors avec le label puisque cet album figurait la liste de NURSE WITH WOUND, liste devenue légendaire parmi les amateurs de musiques innovantes et décalées. Ainsi, malgré une organisation très artisanale et l’absence de communication (internet était bien loin en 1998 d’être entré dans tous les foyers), l’accueil a été instantanément favorable grâce à la forte caisse de résonnance de cette liste NWW ; ce qui a permis au label – presque contre toute attente – de continuer au-delà de cette première réalisation.

En 1999-2000, les rééditions des albums de DÜN (enregistré au mythique studio Sunrise en Suisse – Art Bears, Henry Cow, Univers Zéro, Aksak Maboul etc.), et POTEMKINE (groupe phare de la scène toulousaine durant les 70s) furent la suite logique de ARCHAÏA. Ces rééditions furent également couronnées de succès et permirent au label d’acquérir sa propre renommée, indépendante de celles des groupes hébergés.

En 2001, la rencontre avec les musiciens de ONE SHOT fut l’occasion de ne plus se cantonner aux rééditions et d’élargir le spectre de l’activité en produisant également des groupes actuels. Le live « Vendredi 13 » sortira fin 2001.

Avec des fortunes diverses (faillite de distributeurs, pertes..) l’aventure de SOLEIL ZEUHL continuera durant les années 2000, les productions mêlant rééditions (la discographie complète de ESKATON, le 1er album d’EIDER STELLAIRE, SHUB NIGGURATH, STRAVE…) et talents nouveaux (SCHERZOO, SETNA, NEOM, CORIMA…).

La crise du marché du disque a/c de la fin de la première décennie 2000 n’a toutefois pas épargné SOLEIL ZEUHL et il a fallu progressivement s’adapter (développer la vente directe, abandonner toute velléité de distribution en magasin, augmenter la visibilité).

En septembre 2013, organisée par le label pour ses 15 ans, une soirée à Paris, au Zèbre de Belleville, permettra d’entendre en concert UNIT WAIL / SETNA / SCHERZOO et NEOM. Avec une centaine de spectateurs, la soirée sera un succès et elle reste, à ce jour, l’unique manifestation scénique du label.

A ce jour (janvier 2019, soit 20 ans et quelques semaines après les premiers jours du label), le catalogue compte 55 références, dont plus de la moitié sont des nouveautés, témoignant ainsi du soutien du label envers la création contemporaine – malgré une plus grande difficulté de diffusion par rapport aux rééditions qui bénéficient de la patine du temps.

Merci à tous de nous avoir soutenus durant ces années, souhaitons que malgré les difficultés actuelles (crise du disque, musiques marginales non médiatisées, grandes difficultés des musiciens à jouer sur scène…) SOLEIL ZEUHL puisse continuer à exister – grâce à l’engagement de tous : nous (totalement bénévoles), les musiciens (aussi, hélas) et vous (fidèles, à l’écoute).

Janvier 2019

DERNIÈRES SORTIES :

 

VAK – Budo (SZ 55)

Le 2e album de VAK, mais en réalité le 1er puisque « Aedividea » était la compilation de deux enregistrements distincts, conçus au fil du temps et non destinés au départ à être publiés sous forme de CD.

VAK est désormais un groupe bien rôdé dont le personnel a évolué, avec aujourd’hui Aurélie Saintecroix (vocaux), Vladimir Mejstelman (batterie et compositions), Joël Crouzet (basse et guitare) et Alexandre Michaan (claviers et compositions). Également présents sur le CD des invités au sax, à la flûte et à la guitare.  3 longs morceaux composent l’album (dont 2 de plus de 20 minutes). La musique est fermement ancrée dans la Zeuhl, avec quelques réminiscences d’Eskaton, du fait des vocalises scattées d’Aurélie. Formidable section rythmique et remarquable travail d’Alex aux claviers.

Le mastering a été réalisé à Tel Aviv par Udi Koomran. C’est très certainement un des meilleurs albums du courant Zeuhl depuis longtemps !

 

SCHERZOO – 04 (SM 53)

Comme le titre l’indique, il s’agit du 4e album de Scherzoo, collectif lyonnais. Comme souvent, la composition du groupe de F. Thollot a changé depuis le dernier enregistrement et couleur musicale a elle aussi évolué. Avec aujourd’hui Antony Pontet (piano électrique, orgue), Grégoire Plancher (piano électrique, mellotron), Clément Curaudeau (batterie) et François Thollot (basse et compositions). Peu de sonorités Zeuhl dans ce nouvel opus entièrement instrumental mais par contre une forte influence de Soft Machine du fait de la proéminence des sons d’orgue distordu. Une belle modernisation de la musique de Canterbury.

 

SHUB NIGGURATH – Introduction (SZ 56 / vinyl)

Edition limitée (500 exemplaires numérotés). Packaging original : un vinyl blanc inséré dans une pochette plastique transparente rigide et imprimée. Le visuel de cette édition, choisi par Franck Fromy, est une variante de la pochette originelle des années 80 (une cassette). Tous morceaux déjà publiés en CD en 2009 (SZ 22).

Cet album de Shub Niggurath contient les tous premiers enregistrements du groupe et c’est explosif ! De tous les disques publiés par les groupes français de la seconde génération Zeuhl, cet album est celui qui est le plus proche de l’intensité débridée du Magma instrumental des débuts. Les 2 longs morceaux « Yog Sothoth » et « Barback », composés respectivement par Jean-Luc Hervé et Franck Fromy, sont des ovnis surgis de nulle part et qui soufflent un vent venu de l’enfer. Le morceau « In Memoriam » qui clôture l’album, bénéficie d’un titre approprié et fonctionne à perfection dans son rôle de conclusion du disque. Il n’y a pas de musique plus puissante que sur cet album Introduction. C’est très probablement un des 5 meilleurs albums émanant la seconde vague du courant Zeuhl français. Archie Patterson – Eurock magazine.

CORIMA – Amaterasu (SZ 50)

Le second album officiel de Corima (en fait le3e). 

Après le très apprécié « Quetzalcoatl » en 2012, « Amaterasu » voit le groupe explorer de nouveaux horizons  et développer une vision  plus personnelle, moins centrée sur Magma et plus diversifiée. L’album ne comprend que deux très longs morceaux, chacun étant divisé en mouvements.

Le morceau qui ouvre l’album (« Tsukutomi », parties 1-3 pour un total de presque 20 minutes) est un (quasi) instrumental d’essence très progressive, aux limites du jazz-rock le plus énergique.

Le second morceau (« Amaterasu », parties 1 à 6 pour un total de 28 minutes), est le plat de résistance de l’album, son net point d’ancrage Zeuhl (vocaux éthérés, Fender Rhodes, rythmique hypnotique). 

Mention toute particulière au violon d’Andréa Calderon qui illumine tout l’album.« Quetzalcoatl » était un album frénétiquement fun, souvent comparé à l’exubérance débridée de Koenji Hyakkei, ‘ »Amaterasu » est quant à lui un ouvrage plus complexe, l’album d’un groupe mature. Vive la Zeuhl californienne de Corima ! 

SORTIE DE 2 NOUVEAUTES LE 09 MAI 2016 :

ÉLÉPHANT TÔK – TÔK 1 (SM 51)

Conjuguer les musiques populaires urbaines d’hier et d’aujourd’hui, déployer leur cri en leur faisant passer outre les carcans stylistiques, les ghettos culturels et sociaux, c’est l’idée qui anime ÉLÉPHANT TÔK, un collectif créé par le compositeur et batteur Daniel Jeand’heur. Si les inspirations musicales de ce dernier sont ancrées dans le jazz et le rock des 70’s, elles ne se limitent certes pas à cette frontière temporelle finalement très floue. Mais il est clair que le son de ces musiques, dense et raffiné, ont donné à ce musicien le goût de l’improvisation et de l’aventure, et l’envie de croisements audacieux.
Passé de trio à un septet et finalement à un octet (cuivres, claviers, guitare, basse, batterie, voix) ÉLÉPHANT TÔK restitue la puissance de son des Lifetime, Weather Report, King Crimson et les échos cuivrés de la Tamla de Detroit et de la soul afro-américaine tout en la confrontant au « street talk » des zones urbaines d’aujourd’hui. Le tchatcheur et comédien Onan projette ses tirades slammées et rappées multi-linguistes dans les espaces modulables et extensibles des compositions de Daniel Jeand’heur faites de thèmes obsédants et de chorus sans concessions.
ÉLÉPHANT TÔK, c’est la combinaison d’un son dense et fiévreux avec une voix rageuse et vindicative, et dont l’appel à la quête de liberté s’épanouit dans des trames musicales qui renvoient l’écho des colères d’hier et toujours d’actualité. Avec son premier album, Tôk 1, il lance sur orbite une fusion de couleurs et de cris transgénérationnels qui explosent les barrières mentales entre formes savantes et populaires. Nul doute que ce projet devrait réveiller les consciences de publics tentés par le rapprochement, le dialogue et la conjonction des forces.
SUPPLÉMENT // Le CD est vendu avec une carte qui permet de télécharger gratuitement la version instrumentale du CD – pour le plaisir d’une redécouverte de l’album, sous un angle radicalement différent;

BIO
ÉLÉPHANT TOK est un projet emmené par le batteur Daniel Jeand’heur, bien connu sur les scènes nationales via divers projets (One Shot, Pienza, LovelyFly trio, Snake Oil, Up Drive trio, outre diverses participations à des projets collectifs).
Il a réuni autour de lui des musiciens de talent : Boris Blanchet, avec qui il a sorti en 2009 un album en duo sax/batterie, Aymeric Avice à la trompette, Philippe Meunier à la guitare, David Fontaine à la basse, Romain Nassini aux claviers et le slameur Onan.

RHUN – Fanfare du chaos (SM 52)

Cet album a été précédemment publié (2013) en CD par le label italien Altrock. Edition vinyl Soleil Zeuhl en 2016, limitée à 300 exemplaires numérotés. Vinyl blanc 180 grammes.

Premier album des Normands de Rhùn, qui qualifient eux-mêmes leur musique de « garage-zeuhl ». Un album plutôt atypique dans sa physionomie, puisque sa durée (…) se divise équitablement entre enregistrements récents et le contenu d’une démo datant pour sa part de 2008. On peut toutefois ignorer ce détail, la direction musicale n’ayant pas été notablement bouleversée par les changements intervenus au sein du septette (ils concernent les postes de bassiste et de chanteur), et la production de l’ensemble s’avérant relativement homogène (…).

Nous avons affaire à une configuration atypique, dans laquelle la fondation guitare(s)-basse-batterie est renforcée d’une riche polyphonie mêlant instruments à vent (saxophones, clarinette, basson, flûte) et voix (deux principales et cinq choristes), ce qui pallie l’absence de claviers, généralement incontournables dans ce genre musical. Quel genre musical, justement ? Assurément, pour ce qu’elle peut avoir de limitative, la classification de Rhùn dans le courant zeuhl s’appuie sur de sérieux arguments, à commencer par l’utilisation de riffs lourds et répétitifs portés par des rythmiques vrombissantes et surplombées de scansions chorales dans une langue inventée aux accents crypto-kobaïens. Les séquences en question renvoient clairement aux compositions de Jannick Top pour Magma, mais ces climats fortement connotés cohabitent, de façon plus surprenante, avec des accalmies beaucoup plus mélodieuses, presque bucoliques, et ce au sein de compositions épiques qui multiplient à l’envi les ruptures de ton.

La partie « récente » de l’album (la face 1) comporte ainsi deux morceaux de 9 minutes chacun, entre lesquels s’intercale une pièce plus courte exclusivement à base d’instruments à vent, respiration elle-même précédée d’un long postlude pour flûte seule. Les trois plages de 2008 (la face 2) se différencient par une majorité de climats plus « jazzy », qui cohabitent toutefois déjà avec des séquences plus franchement rock et/ou magmaïennes. Chacune laisse en outre s’exprimer longuement un soliste (sax, flûte, chant féminin). L’ensemble est déjà porté par une belle énergie, mais celle-ci n’est pas toujours parfaitement restituée dans les moments les plus denses (par exemple la phase finale de « Mlùes », où la section rythmique semble soudain noyée sous les guitares).

Des débuts discographiques plus qu’engageants au final pour Rhùn, (….) en espérant une activité scénique accrue (…).

Aymeric LEROY – Big Bang magazine (2013)

SORTIE SEPTEMBRE 2015 :

VAK – Aedividea (SZ 49)
Premier album de ce groupe Français dont les compositions sont bien ancrées dans l’univers Zeuhl. Vak a commencé ses activités en 2008, au départ centrées sur l’écriture zeuhl/prog de Vladimir Mejstelman puis, après quelques changements dans la formation au fil des années, de nouvelles influences se sont faites jour, depuis les sons métals proches de Tool ou de projets de Mike Patton, jusqu’aux expériences RIO de type Guapo. Les vocaux scattés d’Aurélie Saintecroix rappellent ceux des débuts d’Eskaton.
Ce premier album était à l’origine destiné à être publié sous forme de deux EPs, mais le projet ne s’est pas concrétisé. VAK prépare un second album et se dirige vers des perspectives nouvelles, de la Zeuhl teintée de métal et de space-rock…à suivre !

ALTAIS / APSARA (SZ 47)
Ce double CD documente la période qui a conduit à la création de SHUB NIGGURATH. En résumé (le livret de 12 pages avec photos, écrit par Aymeric Leroy, détaille l’histoire complète), au début des années 80 deux groupes originaires de la banlieue sud de Paris (APSARA & GORGONUS) se sont rencontrés et se sont découvert une passion commune : la musique de Magma. Après plusieurs collaborations, l’idée de fusionner les deux formations en une seule, une sorte de big band zeuhl, émergea. Quelques-uns des membres d’Apsara rejettent cette idée tandis que Franck Fromy, Ann Stewart & Veronique Verdier adhèrent au concept et rejoignent Gorgonus, qui fut rapidement renommé Shub Niggurath.
De leur côté, les autres membres d’Apsara rebaptisent la formation ALTAÏS et sont bientôt épaulés par quelques musiciens d’Eider Stellaire.

Jusqu’à maintenant, rien n’avait été publié des travaux de Gorgonus et d’Apsara ; seul Altaïs avait publié un maxi 45 tours en 1986 (dont le long morceau de la face 1 a été ultérieurement inclus dans la compilation “Enneade” publiée par Musea).

Le 1er CD est consacré à Apsara, il contient le seul morceau enregistré par le groupe en studio (11 minutes) et 4 morceaux enregistrés sur scène en 1983 (43 minutes). A noter que la qualité sonore de ces 4 morceaux est médiocre, mais nous avons pensé que la qualité du témoignage justifiait néanmoins sa publication.

Le 2e CD est consacré à Altaïs, il contient le maxi d’époque (3 titres pour une durée totale de 14 minutes) qui est réédité ici pour la première fois dans son intégralité.

Au final, l’ensemble des 2 Cds rassemble 68 minutes de musique, dont 25 sont de qualité professionnelle et 43 de qualité audio médiocre, de type bootleg (décent). Chacun des CDs dispose d’une pochette cartonnée, celle d’Altaïs étant la reproduction à l’identique du vinyl de 1986. Le tout, avec le livret de 12 pages, est enveloppé dans une pochette plastique double face. Edition strictement limitée à 500 exemplaires.

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